Inédits


L'usine

 

barbelés concentration nazi juif- Ça pue! Maman, ça pue encore! Je ne veux plus, maman! J'en ai marre. Je veux partir.
- Non, Hans! Tu dois rester. Nous devons tous rester, ici, avec ton père. C'est notre devoir.
- Mais ça pue. Ça pue tous le temps.
- Je sais. Je ne peux rien y faire. C'est l'usine. C'est la guerre.
- Et ... oh non! Regarde! Des train de marchandises viennent de passer. Pour l'usine. Ça va encore puer plus fort. Ça pue toujours plus fort quand de nouvelles marchandises arrivent.
- Que me raconte-tu là?
- Je sais, tu sais. Je n'ai que neuf ans, mais je ne suis pas idiot. Et je sais que ce ne sont pas des marchandises comme les autres. Ce sont des animaux, hein?

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Le Mont d'or

 

faerieL'histoire se passe en des temps anciens, des temps que l'on dit obscurs, indiquant par là qu'il ne s'y passait pas grand'chose pour cacher en fait que nous n'en connaissons pas grand'chose.
Vers le pas du mont d'or, aux abords d'un bourg que appelait Leuse, vivaient une veuve et ses deux fils. Elle possédait quelques terres en fief qui rapportaient trop peu pour que Jehan et Arnulf, ses garçons, puissent en tirer tous deux leur subsistance. Aussi décida-t-elle d'envoyer le puîné Arnulf au monastère le plus proche afin qu'il y étudie et prononce ses vœux l'heure venue.
La vie monacale était dure au jeune homme. Levé à peine couché, messes et prières solitaires, travail solaire et corvées rythmaient sa vie. Jamais il ne pouvait être oisif. Chaque moment de liberté devait trouver un travail ou une prière pour l'occuper car, disait la sagesse populaire « l'oisiveté est mère de tous les vices ». Et chacun sait que le vice est ennemi du moine vertueux. Or, il advint qu'un jour, il décida qu'il n'en pouvait supporter plus.

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Nouveau carnage en Syrie

 

Syrie destructionUn nouveau carnage ! Nouveau en quoi ? S'offusque-t-on de la mort prématurée de plusieurs personnes ? Parce qu'elles sont mortes, ou parce qu'elles sont mortes entre Damas et Bagdad ?
Depuis que l'homme est homme, il y eut des hommes pour tuer d'autres hommes, pour la survie, pour le pouvoir. Aujourd'hui, il en est toujours de même. Les américains et leurs alliés ont envahi l'Irak au prétexte d'imposer la démocratie et de protéger les populations irakiennes des massacres perpétrés par Saddam Hussein et ses sbires. Pour ce faire, ils ont tués des milliers d'irakiens qui, volontairement ou à leur corps défendant, ne partageais pas les mêmes idées qu'eux. Bush et ses comparses s'arrogeaient ainsi la mainmise sur le pays, sa situation stratégique et ses champs pétrolifères. Les irakiens alliés des occidentaux ont chassé leurs anciens tortionnaires, qui formèrent bien vite Daesh.
Un nouveau massacre ! Qui a tué qui ? Une information de quelques lignes, vite lue, vite oubliée tant elle est perdue dans la file ininterrompue de tuerie en tous genre partout dans le monde.

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Thyl du Carnoy

 

Thyl Nain Féérie Quand, venant du village de Kain, vous gravissez la pente qui mène au sommet vers Mont-Saint-Aubert, vous ne pouvez pas la manquer. Elle vous apparaît au détour d'un virage, splendide encore malgré les années.

Elle, c'est une ferme, la ferme du Carnoy. Bien sûr, le temps y a marqué son empreinte, mais les murs sont solides, la toiture sèche et les fondations puissamment ancrées.

Cependant, d'évidence, les heures de sa magnificence sont désormais derrière elle. À cette époque, elle dominait la ville de Tournai, qui jetait au ciel les clochers de ses dizaines d'églises, les flèches de sa cathédrale, l'arrogance de son beffroi. La cité était tout entière tournée vers Dieu et défendait ardemment son indépendance politique.

La foi des citadins dissimulait pourtant mal la peur qui leur taraudait le ventre. Quand, par dessus les murailles, ils regardaient le Mont de la Trinité, ils ne pouvaient oublier que, selon la sagesse populaire, des monstres nés des enfers hantaient ses flancs.

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